Notre histoire

Tout commence en 1993 lorsque plusieurs travailleurs sociaux de la région de Mons se rencontrent lors de divers séminaires. L’heure est à l’économie sociale, le taux de chômage de Mons-Borinage flirte alors avec les 35%…. il existe déjà des EAP mais SECOS n’en fera pas partie. Le statut d’asbl est choisi car nous désirions d’abord faire nos preuves avant de bénéficier de subsides de la Région.

En mars 1994, SECOS – Société d’Economie Sociale voit le jour.

Son but : la réinsertion socioprofessionnelle par le biais de la remise au travail après une formation pratique sur le terrain. Le principe n’est pas neuf mais la manière est originale : proposer des services, créer une équipe capable de travailler dans les métiers du bâtiment pour des petits travaux qui n’intéressent pas ou plus les « grosses boîtes ». Et ce, sans prendre le travail de personne ! L’objectif final est de permettre – via une formation basique mais surtout via les contacts établis avec des entrepreneurs – la mise (ou remise) au travail de personnes peu ou pas qualifiées. En octobre 94, une petite équipe de trois personnes dirigée par Pascal DECAMPS commence son premier grand boulot : rénover complètement le bâtiment qui abrite SECOS : l’ancienne école communale du Busteau à Ghlin. Rénover n’est pas un vain mot : pas de chauffage, pas de bureau, pas de téléphone, pas de matériel et pas de véhicule …

Fin 1995, grâce à des coups de pouce d’un peu partout et l’aide la Ville de Mons, le bâtiment est opérationnel : chauffage, téléphone, un bureau, un atelier et même un véhicule ! L’aspect de la formation par le travail est bien ancré dans la mentalité de l’équipe : contacts avec les CPAS, avec les EAP (ainsi nommées à l’époque) et avec les centres de formation.

Les années 96-97 sont marquées par les premiers résultats de nos formations : plusieurs personnes issues du CPAS retrouvent des emplois dans le domaine de la construction, mais un nouveau projet voit le jour en collaboration avec le Cpas de Mons et TEC HAINAUT

Prix Diversité et Ressources Humaines 2007
       TEC HAINAUT – SECOS –SECONET
Prix Diversité et Ressources Humaines 2007
 TEC HAINAUT – SECOS –SECONET

LE PROJET APB / AGENT PROPRETE BUS. Il s’agit, ni plus ni moins, de « recréer » un nouveau métier avec des personnes issues du noyau dur du chômage et qui ont été en conflit pour déprédations dans les bus de TEC HAINAUT. Deux personnes entrent en stage à SECOS.

Au fil des ans, le travail s’étend à plusieurs dépôts puis à tout le Hainaut. Fin 2000, ce seront près de 20 stagiaires qui auront suivis cette formation, les plus volontaires d’entre eux seront d’ailleurs engagés par TEC HAINAUT.

Afin de mettre en application sur le terrain nos idées nouvelles, nous créons, en 1999, notre première coopérative. Ce sera un restaurant : il s’appelle « LA MADELEINE » à Mons. Des personnes sont formées à SECOS, puis engagées et, en un an, les 24 couverts de La Madeleine font recette. Pour couronner cet effort, le responsable de La Madeleine, reçoit le Prix Mercure de l’économie sociale en 2002 : le premier d’une série pour  des initiatives au départ de SECOS.

En 2001, forts d’une expérience réussie dans la création de coopératives  c’est SECOTINE qui voit le jour et qui sera prix Mercure de l’économie sociale en novembre 2004.

Fin 2003, nous décidons de concrétiser l’expérience A.P.B. (agent propreté bus). Les A.P.B. sont préalablement formés par SECOS (devenue E.F.T. agréée en janvier 2001) et comptent dans leurs rangs des personnes issues de la cellule de reconversion de Sabena, du Plan Renault. Les A.P.B., sous la direction de Madame Françoise FLEURQUIN, vont former l’équipe de travail de SECONET, troisième coopérative constituée en décembre 2003 au départ de SECOS et dont le travail principal est le nettoyage intérieur des 300 bus de TEC Hainaut et ensuite de TEC Brabant Wallon. Troisième coopérative, troisième succès, troisième Prix Mercure de l’Economie sociale en 2007 !

L’année précédente, en août 2006, SECOS est contacté pour exporter un nouveau projet coopératif dans la commune de Peruwelz afin de répondre au succès grandissant des titres-services. SECOPASS démarrera donc ses activités de repassage et de travaux en titres services début 2007 et sera notre quatrième coopérative qui comprendra plus de 20 travailleurs fin 2008.

Au sein de SECOS , en  2003 une nouvelle filière de formation voit le jour : celle du nettoyage. Nous décidons de reprendre le personnel d’une EFT en difficulté afin de sauver les emplois des formateurs et d’ouvrir notre section. De nouveaux emplois sont créés et le personnel de SECOS passe, en 10 ans, de 4 à 14 personnes.

C’est également cette année que nous développons un nouveau concept  «  le chantier école ». Le principe est simple : faire travailler quotidiennement ensemble sur le même chantier (du début à la finalisation) stagiaires et professionnels du bâtiment. Secos achète une maison délabrée et la transforme en 2 logements mis ensuite à la disposition de stagiaires ou d’entreprise d’économie sociale.

Pendant ce temps, la filière nettoyage s’est considérablement étoffée ; nouveaux chantiers, apprentissage de nouvelles techniques, engagement de personnel (issu de nos anciens stagiaires, …

Au fur et à mesure que nous grandissons, les locaux deviennent trop étroits et nous décidons de doubler la surface de ceux-ci. Nous conservons le même principe de chantier école en mêlant étroitement stagiaires, formateurs et professionnels dans la conception et réalisation du bâtiment terminé fin 2006. Celui-ci à peine terminé, nous décidons fin 2007  d’un nouveau projet, le plus vaste depuis la création de l’asbl : la rénovation et transformation d’un immeuble (anciens locaux d’une mutuelle) en 5 appartements dans le centre de Mons, quartier de la Gare. .

Ces travaux dureront 4 ans. Ils seront inaugurés fin 2012 et les appartements seront vendus en 2013. Naturellement, cela a pris beaucoup de temps mais il y avait une condition sine qua non : tout devait être aussi bien  réalisé que par des professionnels. Donc « cent fois sur le métier, il a fallu remettre l’ouvrage » recommencer encore et encore jusqu’au moment où architecte et contremaître disaient : «  voilà, ça c’est parfait »

Plus de 60 stagiaires furent formés sur ce chantier en immersion totale dans la réalité du monde du travail, souvent difficile, voire ingrat (recommencer, encore recommencer) mais toujours enrichissant.

La formation nettoyage n’est pas oubliée car elle sera désignée pour l’entretien des communs de tout l’immeuble ! Ce qui lui ouvrira la porte vers d’autres chantiers formatifs du même genre dans d’autres résidences.

Dès 2014 nous sommes à la recherche d’un nouveau chantier école afin de parfaire nos formations en situation réelle. Et cette année nous réserve une belle surprise : la reconnaissance de notre travail par les autorités car nous remportons, en direct pour SECOS, le Prix Mercure de l’Economie sociale.

Suite à de multiples rencontres avec nos nombreux partenaires, une nouvelle expérience se profile à l’horizon : la construction d’un restaurant social. Le projet né dans les esprits début 2015 et en un an à peine en 2016 les premiers coups de pioche sont donnés sur le chantier d’une EFT bien connue, le QUINQUET à Soignies. Expérience d’autant plus positive qu’elle permettra aux stagiaires de chacune des entités de travailler ensemble à un but commun s’enrichissant ainsi de leurs différences et méthodes de travail.

L’inauguration définitive du restaurant social «  Soupe au Lait » se fera en janvier 2017 après un an de travaux et avec près de 2 mois d’avance (!) et à la satisfaction générale des partenaires. La création de lien social fort entre les organismes promoteurs les formateurs et les stagiaires sera au moins aussi remarquable que le succès de cette nouvelle réalisation.

Presque sans souffler, voilà que ce profile à l’horizon le plus gigantesque défi que SECOS devra relever. Un nouveau chantier école trois fois plus grand que la rue CHISAIRE !

Le rachat de l’ancienne maison du peuple de GHLIN, bâtiment chargé d’histoire mais totalement à l’abandon depuis quelques années. Le projet est d’y faire du logement, les idées fusent et partent dans tous les sens mais la taille du bébé fait un peu peur car l’investissement est énorme.

Signalons que dans le même temps et suite au nouveau décret,  SECOS abandonne le nom d’EFT et devient un CISP qui comme les autres centres doit supporter tant bien que mal la fameuse réforme des APE : les noms changent, les contraintes demeurent et le temps passe…

Et du temps, nous n’en perdons pas : après les premières esquisses et propositions il est décidé de trouver un partenaire qui serait un professionnel auprès duquel SECOS pourrait s’adosser pour entreprendre cette réalisation.

Tâche difficile car les contraintes sont nombreuses. Un géant belge de la construction est intéressé par le côté formatif et innovant de cette entreprise qui ouvrira la porte vers des milliers d’heures de formation sur chantier et en conditions réels de travail, ce grand professionnel de la construction accepte un partenariat qui doit se concrétiser prochainement et qui nous permettra d’atteindre un quadruple objectif :

  • participer de manière citoyenne  à l’embellissement du cadre de vie de notre région,
  • assumer notre part de la rénovation urbaine,
  • contribuer à l’augmentation du nombre de logement disponible,
  • assurer des formations de qualité par l’immersion dans le monde du travail.

Si toutes les étapes (permis, invest, décisions communales etc…) sont franchies dans le courant de cette année : SECOS pourra courant 2019 entamer le plus grand chantier de toute son histoire et en même temps fêter ses 25 ans d’existence…Quelle histoire !

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